Pauvre dans une société assez riche

Bonjour,
Je m’appelle Micheline et je suis pauvre. Pauvre, n’ayons pas peur des mots. Pas une économiquement défavorisée. Pas une minorité femelle de 55 ans ben visible soutenue par des programmes de l’État. Non, juste une pauvre dans une société assez riche.

Ces temps-ci, on parle de crise économique et de récession. Je la vis depuis longtemps moi, la crise économique. Depuis que j’ai perdu mon emploi sans assurance-maladie et que je reçois des prestations de Solidarité sociale. Un autre beau mot pour BS.

L’été, je pédale sur ma bicyclette. Pas vite. L’hiver, je marche. Pas vite. J’ai travaillé aux élections fédérales et je me suis gâtée. J’ai acheté une carte d’autobus. 66,25 $. Je suis allée à la Bibliothèque nationale, j’ai pris des livres, j’ai lu des journaux. Je suis allée à la Maison de la culture. Je suis allée à mon centre de femmes, à mon association de locataires. Mais là, c’est fini. Retour à la maison. Parce que l’autobus et le métro, ça coûte trop cher pour moi ! Si je pouvais payer un tarif réduit, la STM ferait de l’argent avec moi. Mais là, le 1er décembre, je recommence à marcher. Parce que 66,25 $ et bientôt 68,50 $ c’est l’équivalent d’une semaine de bouffe dont je ne peux pas me passer.

Le gouvernement fédéral a instauré un crédit d’impôt pour les titres de transport. FANTASTIQUE. C’est mieux que le gouvernement du Québec. Mais, pour avoir un crédit d’impôt il faut payer de l’impôt. Moi je suis trop pauvre; je n’en paie pas d’impôt. Ils ont juste oublié les plus pauvres, comme d’habitude. Et on marche, on marche…

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